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29 janvier 2021

NATHALIE VALLERAND – Le Médecin du Québec

Dre Repetto

Préoccupée par les iniquités en santé, la Dre Lucia Perez Repetto a collaboré à un projet de recherche pendant sa résidence pour améliorer les compétences sociales des médecins dans leurs interactions avec les clientèles défavorisées. « La distance sociale et la méconnaissance qu’ont les médecins de l’aide sociale constituent des obstacles à une bonne relation médecin-patient et à la qualité des soins », indique celle qui exerce depuis l’an dernier au GMF du Lac-Saint-Jean Est, en plus d’être profes­seure d’enseignement clinique au GMF-U d’Alma.

Pour réduire la distance sociale causée par les différences socio-économiques, tout est dans l’approche. « Les personnes à faible revenu qui ont participé à la recherche disent être intimidées quand elles vont chez le médecin, rapporte la Dre Marie-Suzanne Mathieu, du GMF-U d’Alma, qui a supervisé les travaux de la Dre Perez Repetto. Et c’est encore pire lorsque le médecin a une attitude paternaliste ou donne l’impression d’être pressé par le temps. »

Cela peut sembler évident, mais bien accueillir ces patients, leur sourire, avoir un contact visuel avec eux, adopter une attitude d’ouverture, être attentif à leurs émotions, utiliser un langage facile à comprendre et porter des vêtements neutres (décontractés, pas trop coûteux) sont autant de façons de les rendre plus à l’aise.

Et que doivent savoir les médecins à propos de l’aide sociale et de la réalité de ceux qui en reçoivent ? « Être bénéficiaire de l’aide sociale, c’est vivre sous le seuil de la pauvreté, même quand on touche un supplément en raison d’une contrainte importante à l’emploi, répond la Dre Perez Repetto. De plus, il faut briser la perception que la majorité des prestataires abusent du système. En fait, la plupart d’entre eux veulent sortir de l’aide sociale. »

L’omnipraticienne souligne par ailleurs l’importance de bien remplir le formulaire attestant qu’un patient a un important problème de santé l’empêchant de travailler. « Si la demande est refusée parce que le terme médical utilisé ne se trouve pas sur la liste du gouvernement, c’est le patient qui en subit les conséquences financières », déplore celle qui a reçu le prix Nadine St-Pierre 2020 du Collège des médecins de famille du Canada et de la Fondation pour l’avancement de la médecine familiale pour la qualité de son travail universitaire.

Adapter les soins

Pour établir leur plan de traitement, les médecins devraient tenir compte des limites financières des patients, affirme la Dre Mathieu. « Le revenu est un important déterminant de santé. Ça change tout. Par exemple, il peut être irréaliste pour une personne qui vit sous le seuil de la pauvreté de manger plus de fruits et de légumes ou de s’entraîner. Elle n’a pas d’argent pour s’acheter de bons aliments ni pour aller au gym ! »

Que faire alors ? D’abord, se demander si le patient a les moyens d’appliquer les recommandations. Dans le doute, ne pas hésiter à s’enquérir de sa situation financière. « Il y a des gens qui minimisent leurs symptômes parce qu’ils ne peuvent se permettre un arrêt de travail », dit la Dre Marie-Suzanne Mathieu. Ensuite, il faut cibler, choisir avec le patient des aspects sur lesquels agir en priorité, le diabète par exemple. Il faut aussi prescrire des médicaments moins chers, proposer la marche au lieu du centre de conditionnement physique, explorer avec la personne diverses solutions en fonction de sa réalité.

La Dre Lucia Perez Repetto veut d’ailleurs aider les résidents à acquérir ces réflexes en intégrant au cursus du GMF-U d’Alma deux demi-journées de formation et de sensibilisation. Au programme : jeu-questionnaire sur les préjugés, jeux de rôles inversés médecin-personne à faible revenu, témoignages, atelier sur les formulaires médicaux pour l’aide sociale, repas-partage, etc. Une initiative qui sera mise en place après la pandémie et qui pourrait éventuellement s’étendre à d’autres milieux. 

18 décembre 2020

par Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF  ProfessionSanté – L’actualité médicale

Dre Caroline Laberge, présidente du CQMF

En cette année 2020 qui s’achève, nous pouvons saluer tous les efforts déployés par la société depuis le début de cette pandémie. Nous sommes toutes et tous en constants réajustements, réorganisations de nos façons de faire, optimisation, tant dans nos vies personnelles que professionnelles.

Il n’y a rien de tel qu’un événement imprévu pour nous sortir de notre zone de confort et stimuler notre créativité. Lors de la première vague de la pandémie, c’est ce que toutes les équipes sur le terrain ont fait, rapidement, soit réorganiser les trajectoires de soins pour accueillir les premiers patients atteints de la COVID-19. La période de surprise et d’urgence passée, il y a toute une réflexion à faire sur comment saisir l’occasion qu’offre cette crise pour repenser nos façons de faire. À travers les initiatives de ses membres dynamiques et impliqués, le CQMF souhaite permettre le réseautage et le soutien entre pairs à l’aide de nouveaux moyens qui sauront vous aider au quotidien.

D’abord, les soins en CHSLD ont été sur toutes les tribunes dans les derniers mois en raison des lacunes que la pandémie a mises au jour. La communauté de pratique des médecins en CHSLD est un regroupement de médecins de famille et de gériatres qui sont au cœur de l’action et qui proposent de mettre en commun les leçons apprises et les meilleures pratiques tant au niveau clinique qu’organisationnel, logistique, prévention des infections, et j’en passe. Avec près de 400 médecins ayant adhéré à la communauté de pratique depuis septembre, on peut dire qu’elle répond à un grand besoin!

C’est aussi dans les prochaines semaines que le « conseil numérique », alias eConsult Québec, prendra enfin son envol dans toute la province. Plateforme sécurisée de consultation entre médecins de famille et spécialistes, cet outil permet de répondre à un grand nombre de questions que les médecins de famille se posent au quotidien avec leurs patients, sans devoir attendre les longs délais de consultation. Les soins aux patients en sont bonifiés, de même que l’expérience des médecins participants.

Le mentorat également est fort utile pour naviguer dans un système aussi complexe que le nôtre et l’introspection qu’une telle démarche amène est bénéfique, que l’on soit mentoré-e ou mentor-e, tant au niveau personnel que professionnel. Différentes formules s’offrent à nous, saisissons celle qui répond le mieux à nos impératifs!

Enfin, je nous souhaite à toutes et à tous un temps des fêtes reposant, à l’abri malgré nous des gros partys de Noël et des rassemblements! Que ce soit au travail ou avec nos proches, j’espère que cette période de festivités se déroulera paisiblement. Prenons le temps de décanter l’année, de nous reposer, de jouer dehors et de retrouver les plaisirs simples comme un bon chocolat chaud après quelques heures dans la neige! Découvrons le hygge, cet art de vivre danois, qui nous encourage à la gratitude, au cocooning et à la création d’un environnement de bien-être pour soi et ses proches!

Je suis membre parce que ...

 Je reçois le soutien nécessaire pour devenir un meilleur médecin, jour après jour 

Marie-Claude Moore, M.D., CCMF

 Les membres de cette grande famille me ressourcent et m’inspirent! 

Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF

 Le CQMF me permet de développer un soutien concret aux jeunes médecins du Québec 

Dominique Deschênes, M.D., CCMF, FCMF

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