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29 avril 2021

par les Dres Élise Boulanger et Sophie Zhang, médecins de famille, coprésidentes de la CPMC ProfessionSanté ‒ L’actualité médicale

Il y a un peu plus d’un an, la pandémie de COVID-19 frappait de plein fouet les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) du Québec. Rien n’avait préparé ces milieux de vie à faire face à un virus ayant une prédilection particulière pour les patients vulnérables. Les travailleuses et travailleurs de la santé qui œuvrent auprès de cette population, incluant les médecins de famille et médecins spécialistes venus prêter main-forte, se sont trouvés isolés face à une nouvelle maladie. Ils et elles ont dû se retrousser les manches plus que jamais pour faire face aux drames qui ont suivi.

C’est dans la foulée de cette première vague de COVID-19, à l’été 2020, qu’est née la communauté de pratique des médecins en CHSLD du Québec (CPMC) au sein du Collège québécois des médecins de famille (CQMF). La crise sanitaire majeure causée par la pandémie avait mis à découvert les besoins criants d’échange, de partage et de renforcement des liens entre médecins œuvrant en CHSLD. Ces besoins n’étaient pas nouveaux, mais ils étaient devenus impossibles à ignorer. Ainsi, à la suite des événements du printemps 2020, des médecins de famille et des gériatres ayant été très impliqués dans la crise se sont retrouvés et ensemble ont cherché des solutions pour améliorer la qualité des soins offerts en CHSLD. Unis par leur engagement sur le terrain ainsi qu’à différents niveaux de gestion, ces médecins ont voulu donner une voix plus forte aux CHSLD, jusque-là peu représentés dans les instances administratives, professionnelles et gouvernementales au Québec. À ce jour, plus de 450 médecins ont joint les rangs de la CPMC.

Objectifs de la communauté de pratique

L’objectif premier de cette communauté est de renforcer les liens entre médecins, infirmiers et infirmières praticien(ne)s spécialisé(e)s de première ligne (IPS-PL) de toutes les régions du Québec afin d’améliorer l’offre de services médicaux en CHSLD – un forum Teams a été lancé pour leur permettre d’échanger virtuellement sur les enjeux cliniques et de coordination qu’ils vivent au quotidien en CHSLD et plusieurs webinaires ont été organisés.

La pandémie a mis en lumière plus que jamais le fait que les milieux de vie que sont les CHSLD sont également des milieux de soins. Ils hébergent une clientèle vulnérable avec des besoins de santé particuliers qui s’arriment généralement mal avec le système hospitalier. Il est primordial que les médecins de famille qui pratiquent en CHSLD poursuivent leur collaboration grandissante avec les équipes de soins et leurs structures de gestion afin d’en faire des milieux répondant aux vrais besoins des résidentes et résidents. À cet égard, la CPMC se veut d’ailleurs aussi un organe pour écouter, conseiller et soutenir la voix des résidentes et résidents, des personnes proches aidantes et du personnel interdisciplinaire en CHSLD.

Dessiner l’avenir

Après la pandémie, la CPMC veut continuer d’outiller ses membres dans leur pratique, au-delà des enjeux créés par la COVID-19. Elle travaille depuis peu avec le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec à l’élaboration d’un cadre de référence pour les soins médicaux en CHSLD. Elle souhaite également augmenter son offre de service aux membres médecins et IPS-PL en plus de susciter des initiatives pour valoriser la pratique en soins de longue durée auprès des médecins de famille.

Nous ne pouvons pas réécrire l’histoire des CHSLD au moment de la première vague de COVID-19 au Québec, mais nous pouvons contribuer à en écrire les prochains chapitres!

22 avril 2021

ANOUK LEBEL ‒ ProfessionSantéL’actualité médicale

Dre Caroline Laberge, présidente du CQMF

La campagne Choisir avec soin a finalement survécu à la dissolution de l’Association médicale du Québec (AMQ). Le Collège québécois des médecins de famille (CQMF) a repris le flambeau du volet québécois de cette campagne pancanadienne de lutte au surtraitement et au surdiagnostic, toujours privée de financement de Québec.

Le CQMF participait déjà à la réflexion sur la pertinence des soins et le surdiagnostic depuis plusieurs années avant de devenir le partenaire officiel de Choosing Wisely Canada au Québec, à l’été 2020, explique en entrevue la Dre Caroline Laberge, présidente du CQMF.

Depuis, un comité directeur a été formé pour poursuivre les démarches visant à réduire les traitements et examens inutiles en santé au Québec.

Le comité présidé par le Dr René Wittmer est formé par des médecins de famille de plusieurs régions du Québec, mais aussi de médecins spécialistes, notamment en cardiologie et en médecine interne. La pharmacienne Camille Gagnon, directrice adjointe du Réseau canadien pour la déprescription, en fait également partie.

« Un de nos défis, c’est de s’assurer que ce ne soit pas uniquement une campagne de médecins de famille. Les médecins spécialistes doivent aussi participer », souligne la Dre Laberge.

Le CQMF dispose toujours du don de 1,2M$ de l’AMQ pour poursuivre les activités de Choisir avec soin au Québec. Or, le gouvernement provincial ne contribue toujours pas financièrement. Ailleurs au Canada, Choosing Wisely est soutenu à parts égales par le gouvernement fédéral et les provinces.

Au-delà de la rémunération

La campagne Choisir avec soin est complètement distincte de l’exercice mené par l’Institut de la pertinence des actes médicaux (IPAM).

L’IPAM, créé dans la foulée de l’entente entre la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et du gouvernement du Québec en 2019, est engagé dans la pertinence dans le but d’économiser 240 millions de dollars en trois ans en actes médicaux superflus.

Choisir avec soin vise plutôt à mieux outiller les médecins, étudiants et résidents à lutter contre le surtraitement et le surdiagnostic dans leur pratique ou leur future pratique.

« Ce n’est pas une question de sauver des sous, c’est une question de prodiguer les bons soins à la bonne personne au bon moment et d’utiliser judicieusement les ressources de notre système de santé », insiste la Dre Laberge.

Différents milieux cliniques mènent déjà des initiatives terrain pour améliorer la façon de prodiguer les soins. Depuis le lancement la campagne pancanadienne en 2014, 400 recommandations concernant différentes spécialités ont été publiées. Il faut voir comment elles peuvent être mises en application au Québec.

Des traitements nocifs

Environ 30% des traitements et examens médicaux au Canada sont potentiellement inutiles. Des gestes qui occasionnent des pertes financières dans le réseau, mais surtout, qui peuvent s’avérer carrément nuisibles pour la santé des patients. « Les gens ne se rendent pas compte à quel point un examen inutile peut être nocif », tient à souligner la Dre Laberge.

Un examen inutile peut facilement donner lieu à toute une batterie de tests, qui font plus de mal que de bien à des patients en bonne santé et à leur famille.

« Ça peut mener à des trouvailles fortuites, comme des hernies discales chez de jeunes patients dans la trentaine. Ils peuvent s’inquiéter inutilement et se mettre à moins faire de sport. Finalement, ça les déconditionne. Ils deviennent en moins bonne santé », illustre-t-elle.

Je suis membre parce que ...

 Je reçois le soutien nécessaire pour devenir un meilleur médecin, jour après jour 

Marie-Claude Moore, M.D., CCMF

 Les membres de cette grande famille me ressourcent et m’inspirent! 

Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF

 Le CQMF me permet de développer un soutien concret aux jeunes médecins du Québec 

Dominique Deschênes, M.D., CCMF, FCMF

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