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12 octobre 2021  ProfessionSanté ‒ L’actualité médicale

Par la présidente du CQMF, Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF

Caroline Laberge, présidente du CQMF

Les manchettes des dernières semaines sont alimentées par la grave pénurie de main-d’œuvre infirmière dans le réseau de la santé. Cela illustre à quel point le travail interprofessionnel est un incontournable tant à l’hôpital qu’en GMF-U. Nos collègues infirmières et infirmiers ont une expertise irremplaçable dans des domaines de pointe comme les soins intensifs, l’unité néonatale, l’obstétrique, la cancérologie, la gériatrie, la pédiatrie, et j’en passe.

Comment expliquer ce manque de personnel infirmier dans le réseau, ou son exode vers les agences privées? D’abord, le concept du temps supplémentaire et surtout du fameux TSO ‒ le temps supplémentaire obligatoire ‒ est décrié depuis des années. Comment concilier travail-famille et vie personnelle, quand on peut à tout moment être «pris en otage» par son employeur? La seule façon trouvée par plusieurs infirmières pour contrôler un peu leur horaire est de travailler à temps partiel et de le combler, lorsqu’elles sont disponibles, avec des heures supplémentaires, plutôt que d’avoir un horaire complet auquel s’ajoutent les heures supplémentaires.

Des conditions de travail difficiles

Pour les infirmières avec qui j’ai parlé, ce n’est pas une prime pour revenir à temps plein qui va changer leur manière de faire, si rien n’est modifié dans les conditions de travail. Le manque de reconnaissance témoigné par le salaire global et les conditions de travail est décrié depuis des années, mais ça semble surtout se jouer dans un combat musclé entre les syndicats et le gouvernement. On assiste depuis un moment déjà à une «optimisation» ‒ ajout du nombre de patients par infirmière/infirmier (le fameux «quota») ‒, une explosion de la paperasse, un nombre croissant d’éléments à monitorer, valider, inscrire au dossier, et le tout, sans retirer aucune tâche! On assiste aussi à l’ajout de personnel dédié à des projets spéciaux sans pour autant fournir des bras supplémentaires sur le plancher pour effectuer le travail quotidien.

Des pistes de solution

La reconnaissance du rôle crucial des infirmières et infirmiers et la planification pérenne des effectifs sont du ressort des établissements et du ministère de la Santé et des Services sociaux. Nous ne sommes pas dans une crise ponctuelle, mais bien dans un problème de longue date et qui se trouve amplifié par la COVID-19. Il faudra donc plus qu’une mesure temporaire pour régler le problème. Les infirmières et infirmiers ne sont pas des pions ou des robots d’une chaîne de montage: il est primordial de favoriser une gestion décentralisée et humaine des effectifs. Récemment, l’implication des infirmières dans les discussions avec leurs gestionnaires au sein du CHU de Québec a donné lieu à plusieurs solutions originales porteuses d’espoir.

Enfin, l’apport de tous les professionnels impliqués dans les soins aux patients, c’est-à-dire les préposées aux bénéficiaires, les infirmières auxiliaires, les pharmaciens, les physiothérapeutes, et autres intervenants, et les médecins, doit être concerté pour que chacun exploite au maximum ses capacités et s’entraide. Je suis curieuse de voir l’apport des ambulanciers à l’urgence, mais il faut évidemment éviter de déshabiller Paul pour habiller Pierre!

Une autre piste de solution réside dans la perspective de Choisir avec soin, ou dans une utilisation judicieuse des ressources incluant les ressources humaines… Pouvons-nous repenser l’ensemble des services de notre système de santé? Rêver d’un monde où les citoyens jouent un rôle actif dans le maintien de leur santé et la prévention de la maladie? Où le système de santé évite de médicaliser les étapes de la vie comme l’accouchement normal ou le vieillissement?

Au plaisir de lire vos commentaires…

28 juillet 2021

PAR GEOFFREY DIRAT ‒ ProfessionSanté ‒ L’actualité médicale

Premier Québécois à décrocher le titre de médecin de l’année décerné par le Collège des médecins de famille du Canada en 1995, le Dr Réjean Ménard s’apprête à prendre une retraite amplement méritée. Pour Profession Santé, il livre son regard sur l’évolution de la pratique ces cinquante dernières années.

Dr Réjean Ménard
Le Dr Ménard a été honoré par le Collège québécois
des médecins de famille en 2018 ©CQMF

Ce dimanche 1er août 2021 marque un tournant dans la vie du docteur Réjean Ménard. Le médecin de famille prend sa retraite après 50 ans de bons et loyaux services auprès de la population de Granby, où il a toujours pratiqué depuis le début de sa carrière.

S’il a besoin de souffler un peu – «je n’ai pas pris de vacances depuis le début de la pandémie en mars 2020», signale-t-il –, le vaillant septuagénaire éprouve un sentiment mitigé à l’approche du jour J: «J’aime beaucoup, beaucoup cette profession de médecin de famille quand elle est exercée au sein d’une équipe, explique-t-il avec un trémolo dans la voix. La médecine, ça ne se fait pas tout seul dans son coin», martèle celui qui a fondé en 1971 le Centre de médecine familiale (CMF) de Granby avec trois autres confrères fraîchement inscrits au tableau de l’Ordre.

«À l’époque, la médecine de famille se pratiquait en solo. On a été parmi les pionniers à travailler en groupe», se souvient le Dr Ménard. Si cette organisation est aujourd’hui devenue la norme, il constate qu’il en résulte une plus grande interdisciplinarité en louant l’apport bénéfique des infirmières, pharmaciens et autres professionnels de la santé que l’on retrouve désormais au sein des cliniques de médecine familiale. «L’approche interdisciplinaire, c’est ça l’avenir. Les médecins sont très peu formés en santé mentale ou en santé environnementale, par exemple, mais ils ont les compétences pour gérer, en collaboration, la complexité de la prise en charge des patients en première ligne», souligne le praticien qui considère le médecin de famille comme un chef d’orchestre et non pas comme un multi-instrumentiste.

Quand il regarde dans le rétroviseur de son demi-siècle d’exercice, Réjean Ménard voit également d’un œil positif l’avènement de la télémédecine. «Avec mon équipe, on a toujours fait beaucoup d’appels de suivi. C’est dans ma philosophie et je faisais ça hors rémunération, car ça fait partie de la relation normale entre un médecin et son patient, estime-t-il. Aujourd’hui, grâce aux nouveaux outils, on va plus loin dans la relation à distance et on peut avoir une bonne idée de la situation du patient», explique-t-il en notant que la pandémie a levé les freins à la télémédecine, tant chez les soignants que chez les patients.

«On ne peut pas tout centraliser»

En revanche, s’il y a une évolution que le Dr Ménard juge négative ou contre-productive, c’est la centralisation intensive du réseau de la santé depuis une décennie. «On peut centraliser le matériel et les équipements pour réaliser des économies d’échelle, mais pas l’organisation du travail ou la gestion  du personnel», affirme-t-il en se remémorant l’esprit d’équipe qui régnait à l’Hôpital de Granby, où il a longtemps pratiqué. «On avait développé des particularités, des façons de faire qui nous étaient propres pour s’adapter aux réalités de notre communauté et ça, ça crée un sentiment d’appartenance qui n’existe plus dorénavant», regrette le médecin qui garde espoir: «On peut toujours revenir en arrière!»

Après le 1er août, Réjean Ménard va prendre un ou deux mois pour recharger ses batteries, mais il compte par la suite rester actif et s’impliquer auprès de la relève en continuant d’accompagner les résidents accueillis au CMF. Une relève qu’il juge bien mieux formée qu’en son temps. «À mon époque, on faisait quatre ans de cours, une année d’internat, et on était médecin de famille. Aujourd’hui, les jeunes omnipraticiens ont un bagage bien plus complet. Ils sont capables d’identifier une céphalée multi-factorielle ou une tumeur au cerveau. Donc ils sont plus à même d’orienter les patients.» Quant à ces derniers, le Dr Ménard les trouve aussi plus informés et plus critiques, «et c’est tant mieux. Quand le patient est éclairé, on peut discuter avec lui et prendre des décisions ensemble».

15 juillet 2021

PAR DENIS MÉTHOT ‒ ProfessionSanté ‒ L’actualité médicale

Le conseil numérique, déjà implanté dans sept régions, poursuit son déploiement amorcé en mars dernier à travers la province, tout en remportant un franc succès auprès des intervenants de première ligne.

Un médecin consulte sa tablette

Ce service permet à un médecin de famille de demander un conseil ou un avis à un spécialiste à propos d’un diagnostic, d’une médication ou d’un traitement et d’obtenir une réponse en sept jours ou moins, via une plateforme numérique.

Grâce aux précisions reçues, l’omnipraticien peut compléter la démarche thérapeutique avec son patient ou engager un processus de transfert si son collègue le recommande. Le conseil numérique semble connaître un franc succès auprès des intervenants de première ligne. Au début du mois de juillet, environ 900 médecins de famille et 150 infirmières praticiennes spécialisées (IPS) s’y étaient inscrits. L’intérêt semble toutefois moindre du côté des répondants, le programme ne comptant que 91 médecins spécialistes participants.

Le plus grand bénéfice apporté par le conseil numérique est qu’il permet d’éviter d’avoir à référer inutilement un patient en spécialité pour des cas qui peuvent être résolus en 10 ou 15 minutes d’échanges entre deux médecins. Lors des trois projets pilotes, il a permis d’épargner une consultation en spécialité dans 40% des cas. 

Développée en Ontario, la formule du eConsult a été reprise en 2014 au Québec à l’initiative du Collège québécois des médecins de famille (CQMF). Devant les résultats très positifs obtenus par ce service, le MSSS a décidé de l’étendre à toute la province sous le nom de conseil numérique.

Calendrier de déploiement

L’opération s’est amorcée au printemps dans les trois régions qui avaient participé aux projets pilotes de eConsult Québec, soit l’Outaouais, l’Abitibi-Témiscamingue et la Mauricie-Centre-du-Québec. 

Le déploiement, qui s’est ensuite poursuivi dans la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et Montréal, est actuellement en cours ou planifié dans plusieurs autres régions du Québec.

Selon le calendrier obtenu par Professionsante.ca, les prochains territoires prévus sont les suivants:

  • Juillet: Laurentides, Montérégie et Laval
  • Août: Lanaudière 
  • Septembre: Estrie

Le Saguenay-Lac-St-Jean et la Gaspésie n’ont pas encore été placés dans le calendrier, tandis que le Bas-St-Laurent, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec ne figuraient pas dans le plan que nous a fourni le MSSS.

Offert dans 26 spécialités

Le conseil numérique est offert dans 26 disciplines à ce jour, dont la cardiologie, l’ORL, l’anesthésiologie (douleur) et la chirurgie générale, en passant par la dermatologie, la gynécologie et l’endocrinologie. Puisque certains médecins ont offert leurs services à plus d’une région, il est difficile de dresser un portrait en temps réel du nombre de spécialistes participants par territoires, a précisé le MSSS. 

Étant donné que la plateforme est en plein déploiement et que le conseil numérique n’est pas encore intégré aux DME des médecins, le ministère se dit satisfait de la réponse actuelle des médecins de famille et des médecins spécialistes. 

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

(Montréal) « Choisir avec soin » est un mouvement qui se déploie au sein de la communauté médicale pour s’attaquer à la surmédication et à la prescription d’examens médicaux inutiles ou à faible valeur ajoutée pour les patients. S’il vise d’abord leur bien-être, il a été plus récemment mis de l’avant aussi en tant que « geste pour l’environnement ».

Publié le 10 juillet 2021

PAR STÉPHANIE MARIN ‒ LA PRESSE CANADIENNE

Des professionnels de la santé se questionnent de plus en plus sur l’impact de leur travail sur l’environnement.

C’est notamment le cas des membres de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME) qui a récemment tenu pendant cinq jours le Colloque international francophone Climat et Santé, organisé avec l’organisme Médecins francophones du Canada, l’Université de Montréal (département de médecine familiale) et Synergie Santé Environnement.

Le sujet de la « décroissance » y a fait l’objet de plusieurs conférences, notamment en ce qui concerne ses applications concrètes dans le réseau de la santé.

La Dre Caroline Laberge a discuté à cette occasion du concept de « choisir avec soin » : elle s’y était déjà intéressée pour le bien-être de ses patients, mais dernièrement, sa réflexion a aussi pris une dimension environnementale.

La Dre Caroline Laberge

La médecin de famille au Gmf-U Laurier (groupe de médecine de famille) à Québec a expliqué en entrevue que de faire passer de nombreux examens aux patients, comme ceux d’imagerie médicale ou de tomodensitométrie, leur cause souvent beaucoup de stress et que certains tests présentent aussi parfois des risques, ainsi que des effets secondaires. Souvent, dit-elle, « on trouve de petites anomalies » lors de ces examens, tant l’équipement médical est devenu « puissant » et décèle des taches microscopiques, qui s’avèrent souvent bénignes. Il y a aussi tous ces cas de « fausses alertes » et de « faux positifs », souligne la docteure qui est aussi présidente du Collège [québécois] des médecins de famille.

« Tout cela nécessite des suivis, des biopsies, etc. » On voit souvent « une cascade d’examens thérapeutiques », le premier menant à un autre et ainsi de suite, qui peuvent être des tests « à faible valeur ajoutée pour le patient » — avec en prime des examens de contrôle périodiques, et donc de nouveaux tests.

Parmi d’autres, le Collège de médecins de famille du Canada a rédigé un document pour susciter la réflexion des omnipraticiens qui indique, entre autres exemples : « Ne prescrivez pas de radiographies pulmonaires et d’électrocardiogrammes de dépistage aux patients asymptomatiques ou à faible risque » et « Éviter de prescrire des tests de fonction thyroïdienne chez les patients asymptomatiques ».

« Les éventuels inconvénients d’un tel dépistage systématique dépassent les bénéfices potentiels », lit-on dans un des exemples.

Le stress des examens médicaux et les effets secondaires : « Tout cela a un impact sur le bien-être des gens, sur leur qualité de vie », selon la Dre Laberge.

On ne peut l’ignorer, juge-t-elle, et on doit y réfléchir au bénéfice des patients.

Toutefois, il est évident que des tests diagnostics et des traitements sont tout à fait nécessaires pour bien des maladies : la campagne « Choisir avec soin » ne prône évidemment pas de les éliminer.

Et la planète?

De façon parallèle à cette réflexion centrée sur le bien-être du patient, une autre s’est développée par rapport à l’environnement. « Choisir avec soin » devient en même temps un geste de développement durable.

À chaque examen, le patient et le personnel médical doivent se déplacer à l’hôpital, ce qui crée des émissions de gaz à effet de serre (GES). Idem pour l’envoi des tests au laboratoire, la fabrication des médicaments en usine qui utilise ressources et énergie, et évidemment, tout cela génère des déchets : on peut penser à ceux issus de la médecine nucléaire et aussi à toutes ces petites plaquettes de pilules qui se retrouvent à la décharge.

Dre Laberge donne aussi en exemple le cas d’un type spécifique d’inhalateur pour l’asthme : il pollue énormément, dit-elle, et détruit la couche d’ozone.

« Une pompe [qui peut durer un mois] est l’équivalent d’une voiture qui roule pendant près de 300 kilomètres », souligne-t-elle.

« Depuis que je l’ai appris, j’en prescris d’autres », sauf si elles sont contre-indiquées. Elle mentionne aussi le cas de ces anesthésistes qui ont découvert que parmi leurs gaz anesthésiants utilisés en salle d’opération, un était particulièrement nocif. Ils lui préfèrent désormais les autres.

Garder l’environnement en tête, c’est aussi ça, selon la docteure.

L’idée n’est pas d’offrir de moins bons soins de santé pour protéger la planète, insiste-t-elle, mais plutôt de se poser cette question : « à traitement équivalent, quel est celui qui a le moins d’impact environnemental? »

Il y a aussi l’initiative de la « prescription nature », qui a été discutée lors du colloque et qui gagne en popularité. Un patient qui a une maladie cardio-vasculaire en raison de mauvaises habitudes de vie peut se faire prescrire des médicaments, par exemple, pour diminuer sa pression artérielle. Ceux-ci peuvent avoir des effets secondaires et ne s’attaquent pas à la cause de la condition médicale qui peut être la sédentarité ou le tabagisme.

Au lieu de cela, pourquoi ne pas lui « prescrire » du temps en nature et de l’exercice physique? demande-t-elle. « Je ne le fais pas pour l’environnement, je le fais pour le patient », mais en même temps, « le coût environnemental n’existe pas si je prescris la nature ».

Toute cette réflexion pour limiter les dégâts environnementaux n’est pas un mouvement « de masse », dit la médecin de famille. Ce sont plutôt des individus qui réfléchissent à l’impact de leurs gestes dans le réseau de la santé.

Elle explique que les médecins sont formés pour soigner l’individu qui vient les consulter, pas la collectivité — sauf pour les médecins en santé publique, précise-t-elle.

Et bien que cela puisse parfois être en contradiction, santé et environnement peuvent aussi marcher main dans la main, souligne-t-elle.

25 juin 2021

ÉLYANTHE NORD – Le Médecin du Québec

Le Dr Mario Dubuc, de Sherbrooke, a été nommé « Médecin de famille de l’année » par le Collège québé­cois des médecins de famille (CQMF). Ce prix est remis annuellement, comme dans chacune des pro­vinces, à un membre qui incarne brillamment l’essence du médecin de famille, notamment par ses soins exemplaires aux patients et son importante contribution à la santé de sa collectivité.

Dr Mario Dubuc

Le Dr Dubuc, qui exerce depuis plus de 40 ans, a eu une carrière impressionnante, affirme la Dre Caroline Laberge, présidente du CQMF. « Il a fondé, avec ses confrères, une clinique médicale qui est devenue par la suite un groupe de médecine de famille. Parallèlement au suivi de ses patients, il s’est beaucoup intéressé aux soins en fin de vie. Il a œuvré à mettre sur pied l’unité de soins palliatifs du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) et la Maison Aube-Lumière, en Estrie. Il a ainsi donné accès aux soins palliatifs à toute une région et formé non seulement de futurs collègues, mais aussi des infirmiers et des pharmaciens pour avoir une approche multidisciplinaire vraiment axée sur le bien-être des patients. »

Le CQMF a également distribué plusieurs autres prix. « Les médecins de famille sont très humbles et habitués à travailler avec leurs patients dans leur cabinet. Ils font des choses extraordinaires qui ne sont souvent pas mises à l’avant-plan. Reconnaître leurs accomplissements est vraiment inspirant pour les autres médecins et est important pour rehausser la valeur de la médecine de famille », estime la Dre Laberge.

Dr Jean Ouellet
Mentor de l’année

Le Prix du mentor de l’année a été décerné au Dr Jean Ouellet. « Le Dr Ouellet est un médecin qui enseigne depuis plus d’une trentaine d’années à l’Université Laval. Il a agi comme mentor auprès des dizaines et des dizaines de jeunes médecins. Comme il travaille également dans une unité d’enseignement à Québec, il forme chaque année plusieurs cohortes de résidents. Il est vu comme une figure vers qui se tourner quand on a des questions. Il est toujours disponible », indique la Dre Laberge.

Dr François Venne
Prix de la relève en médecine familiale

Le CQMF a remis au Dr François Venne, de l’Abitibi, le Prix de la relève en médecine familiale qui souligne le leadership d’un médecin de famille au cours de ses premières années d’exercice. Pratiquant depuis seule­­ment trois ans, le Dr Venne a déjà créé, à Val-d’Or, une clinique réser­vée aux patients autochtones et une autre pour les troubles liés à l’usage d’opioïdes.

Prix d’excellence

Les prix d’excellence du CMFC sont remis à des médecins de famille qui ont récemment apporté une contribution remarquable dans un domaine particulier.

Dre Pascale Breault, Dre Guylène Thériault, Dr François Goulet et Dr Keith J. Todd

22 juin 2021  ProfessionSanté ‒ L’actualité médicale

Comment pouvons-nous remédier aux enjeux systémiques auxquels l’humanité fait face et quel rôle pouvons-nous jouer comme professionnels-les de la santé?

Par la présidente du CQMF, Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF

prendre une marche en nature

Alors que nous voulons toutes et tous le meilleur pour nos patients, nous tentons constamment d’améliorer leur santé à l’échelle individuelle. Cependant, plus les années passent, plus je prends conscience des enjeux systémiques qui influencent la santé des individus que je soigne. La pollution de l’air, de l’eau, les événements météo extrêmes sont autant de menaces à la santé et à la survie des humains, et il est impossible de «traiter» cela dans mon bureau… Comment pouvons-nous remédier aux enjeux systémiques auxquels l’humanité fait face et quel rôle pouvons-nous jouer comme professionnels-les de la santé? C’est difficile de le faire sur le plan individuel, c’est pourquoi le Collège québécois des médecins de famille (CQMF) choisit d’unir sa voix à celle d’autres associations sur la place publique pour informer les médecins et la population de ces enjeux.

D’une part, il importe de reconnaître que les soignants sont aux premières loges pour constater les effets des changements climatiques et de la pollution dans nos communautés. D’autre part, le système de santé lui-même contribue à une proportion significative des émissions de gaz à effet de serre (GES). Enfin, les médecins et les professionnels-les de la santé jouissent d’une crédibilité et d’un respect dans la population et auprès de nos dirigeants, ce qui nous donne autant la possibilité que la responsabilité de prendre la parole pour défendre les plus vulnérables.

Ce que je retiens du colloque Climat et santé

Caroline Laberge, Présidente du CQMF
Caroline Laberge, présidente du CQMF

J’ai eu la chance de participer, du 17 au 21 mai dernier, au colloque international francophone Climat et santé, organisé conjointement par Médecins francophones du Canada, le Département de médecine de famille et de médecine d’urgence de l’Université de Montréal, l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME) et Synergie Santé Environnement (SSE). Formation unique en son genre, elle a mis en commun le savoir et l’expérience de médecins, professionnels-les de la santé, biologistes, de spécialistes en environnement, en droit, en économie et de membres d’organismes à but non lucratif qui œuvrent dans le domaine de l’environnement. Toute une semaine à réfléchir ensemble sur comment les systèmes de santé peuvent améliorer leurs pratiques pour réduire l’impact environnemental des soins, à partager des constats et des pistes de solution et, surtout, à réseauter et à se laisser inspirer.

Plusieurs thèmes et présentations m’ont marquée au cours de cette semaine. Je vous partage mes coups de cœur et réflexions.

Premièrement, notre monde est un système complexe. Le concept de «Une santé» permet de comprendre que des événements ‒ comme la pandémie de COVID-19, la progression de la maladie de Lyme, la rage dans les communautés nordiques du Canada ‒ sont le résultat d’une interaction complexe entre les humains, les animaux et l’environnement. Les solutions doivent passer par une collaboration entre plusieurs professionnels-les, les communautés, les décideurs-ses, tout comme par les personnes au cœur de la situation qui participeront à l’implantation des stratégies choisies.

Ensuite, j’ai appris que des méthodes sont maintenant bien définies et implantées pour analyser le cycle de vie des processus, des médicaments, des fournitures médicales. Le National Health Service (NHS) du Royaume-Uni s’est doté d’un ambitieux plan «Net Zero» pour arriver à un système de santé à ZÉRO émission nette de GES d’ici 2050! La France pilote également un plan de décarbonation global, avec son «Shift Project», et le Plan de transformation de l’économie française (PTEF) incluant le secteur de la santé. Au Québec, des organismes comme Synergie Santé Environnement (SSE), le Maillon Vert et plusieurs autres sont partenaires des établissements pour implanter des changements concrets. Nous avons maintenant besoin d’un fort leadership politique pour planifier des changements majeurs à l’échelle nationale!

Par ailleurs, la santé des individus dépend de leur milieu de vie, mais également de leur interaction avec celui-ci. Au fil du siècle dernier, la technologie a pris une place croissante dans la vie des humains, par exemple, au niveau des moyens de transport, de la production alimentaire, du travail et, enfin, des interactions sociales. J’ai l’impression que nous sommes parvenus au point où certains désavantages commencent à surpasser les bienfaits.

Prenons l’exemple des déplacements en auto solo. Ceux-ci augmentent les bouchons de circulation; les automobilistes perdent beaucoup de temps dans le trafic, la pollution augmente autour des grands axes routiers et nuit à la santé des citoyens, sans parler de la pression financière qui s’accentue sur les ménages pour payer les véhicules et l’essence.

De plus, la sédentarité entraînée par ce type de déplacement mine la santé des adeptes de l’automobile, ce qui n’est pas le cas des déplacements dits actifs comme le vélo et la marche. Dans son ouvrage intitulé Énergie et équité, Ivan Illich analyse cette contre-productivité en comparant divers véhicules. Il en ressort que le véhicule le plus avantageux en matière de kilomètres parcourus par heure investie est le vélo! Comment inverser la tendance? L’urbanisme a un grand rôle à y jouer! Pensons notamment à l’aménagement d’axes favorables au transport actif et collectif et au verdissement des villes pour atténuer la pollution et rendre agréables les déplacements. La voix des citoyennes et citoyens et des professionnels-les de la santé est importante pour faire entendre ces considérations à nos élus-es.

Et si on prescrivait de la nature?

L’autre aspect qui influence la santé humaine est la connexion à la nature, ou comment le manque de nature peut amener une panoplie de symptômes que Richard Louv a décrits, dans Une enfance en liberté, comme le syndrome du déficit de nature. Les enfants y sont particulièrement vulnérables, mais les adultes en ressentent aussi les effets.

La prescription de nature devient ainsi un outil de choix dans notre arsenal thérapeutique. Il est reconnu que le fait de passer au moins deux heures dans la nature chaque semaine, idéalement par tranche d’au moins 20 minutes, procure des bienfaits majeurs à la santé physique (maladies cardiovasculaires, diabète, système immunitaire, etc.) et psychologique (anxiété, dépression, dépendances, etc.). À cet égard, l’initiative PaRx a été lancée en Colombie-Britannique l’automne dernier pour encourager les médecins à prescrire de la nature à leurs patients. Le CQMF collabore actuellement avec des partenaires pour faire une adaptation québécoise de cette initiative. Je vous invite à l’expérimenter vous-mêmes et à le prescrire à vos patients!

Il est temps de repenser notre système de soins afin de se réapproprier notre santé par nos propres actions, activités physiques, temps en nature et alimentation non transformée. Il est temps également de réduire notre dépendance aux tests diagnostiques, aux médicaments et aux traitements inutiles, comme l’exprime bien le slogan de la campagne Choisir avec soinLess is More. Moins de recours aux tests qui génèrent leur lot de surdiagnostics, d’anxiété, de tests supplémentaires…

Voici ma proposition pour la prévention des maladies cardiovasculaires: l’utilisation d’outils d’aide à la décision partagée et le dialogue avec nos patients permet d’offrir diverses options de traitement qui sauront répondre à leurs besoins et préférences. Il importe de réfléchir à ce qui va améliorer la santé globale de notre patient au-delà de ses taux de cholestérol LDL ou de la valeur de sa pression artérielle systolique. Il importe aussi d’intégrer le concept de protection de l’environnement dans nos soins. Comment pourrons-nous maintenir des humains «en santé» dans un environnement toxique?

Ensemble, mettons-nous à l’œuvre!

Dans chacun de nos secteurs d’activité, nous pouvons réfléchir à notre façon de contribuer à la santé globale, tant de nos patients que de nos milieux de vie. Nous sommes à un tournant de notre évolution et il est exaltant de voir toutes les occasions qui s’offrent à nous d’influencer le monde de demain. La solution sera la somme d’une multitude d’initiatives et d’un changement graduel de mentalité devant «l’infinité» des ressources planétaires. Des exemples fort inspirants, allant de gestes concrets dans les cliniques médicales, de l’approvisionnement à la gestion des matières résiduelles des établissements ‒ à la récupération des surplus alimentaires ‒, sont déjà en cours aux quatre coins du Québec et n’attendent que notre participation pour s’implanter dans l’ensemble de nos milieux!

Pour en apprendre davantage sur le sujet, je vous invite à consulter Clinique écoresponsable et soins de santé durables – Guide d’inspiration. Visitez aussi notre site web où diverses ressources pour la pratique sont mises à votre disposition.

Forum des leaders du CQMF, 27 novembre 2020

Nécessaire réflexion accompagnée par le très apprécié conférencier Fabrice Vil, les participantes et participants à l’événement virtuel d’introspection et d’échange ont abordé notamment les notions de biais inconscients et de privilège. Ensemble, nous avons travaillé à identifier des façons d’entamer la conversation sur le racisme et de se former à être des alliés-ées pour l’équité, la diversité et l’inclusion.

Notre collaboratrice, la facilitatrice graphique Marie-Ève D’Amour, a traduit en quelques traits les grandes lignes de ce moment d’interactions.

Soyez à l’affût! Notre prochain forum des leaders est pour bientôt!

En effet, le 26 novembre 2021, notre forum des leaders se réunira sous le thème Le racisme systémique : mieux comprendre le passé et le présent de nos institutions afin de démanteler les barrières structurelles à l’équité. À suivre!

Rabais promotionnel offert aux membres du CQMF!

Abonnez-vous à la plateforme de transfert des connaissances pensée par et pour des médecins de famille et bénéficiez d’un prix associatif!

TopMF est un collectif de passionnés-ées qui œuvre à améliorer le transfert des connaissances en médecine de famille et les soins aux patients :

  • connaissances basées sur une médecine factuelle (evidence-based medicine),
  • le tout offert en français,
  • dans le respect des plus hauts critères de formation continue pour l’obtention de crédits,
  • libre d’influence,
  • animé et « digéré » pour vous afin d’accélérer l’acquisition des connaissances alors que les nouvelles évidences s’ajoutent au quotidien.

Avec TopMF et le CQMF, on accède au Top en matière d’activités éducatives et d’outils concrets pour améliorer sa pratique.

Laval, 9 juin 2021 – Dans le cadre de la Journée CQMF 2021, le 4 juin dernier, le Collège québécois des médecins de famille (CQMF) dévoilait ses lauréates et lauréats 2021. C’est avec une grande fierté que nous vous présentons ces médecins qui nous inspirent.

Médecin de famille de l’année

Le prix du Médecin de famille de l’année a été décerné au Dr Mario Dubuc. Clinicien accompli, son intérêt marqué pour les soins à domicile et les soins palliatifs le distinguera tout au long de sa carrière. On le verra notamment impliqué dans la création du service de soins palliatifs du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) et de la Maison Aube-Lumière.

Mentor de l’année

Notre lauréat du prix du Mentor de l’année, le Dr Jean Ouellet, s’orientait dans l’enseignement au primaire avant de choisir la médecine de famille. Engagement, travail en collaboration, capacité d’écoute, sensibilité, sagesse et humanisme sont quelques-uns des attributs qui font de lui un mentor d’exception.

Prix d’excellence

Nous vous invitons à visiter notre site Web pour en savoir davantage sur nos lauréates et lauréats 2021 des prix du CQMF, dont les récipiendaires des Prix d’excellence :

Dre Pascale Breault, promotion de la santé auprès des communautés autochtones
Dr Keith J. Todd, contribution à la vie universitaire/hospitalière/GMF-U
Dre Guylène Thériault, contribution à la recherche – médecine factuelle
Dr François Goulet, contribution à la formation continue et à la vulgarisation scientifique

Prix de la relève en médecine de famille

En exercice depuis à peine trois ans, notre lauréat du Prix de la relève en médecine de famille, le Dr François Venne, rayonne déjà dans sa région d’adoption, l’Abitibi-Témiscamingue, par son leadership et son implication sociale envers les populations vulnérables qui se sont traduits concrètement par la mise en place de cliniques dédiées.  

Mission du CQMF

Le Collège québécois des médecins de famille (CQMF) a pour mission d’inspirer et soutenir les médecins de famille et leurs partenaires dans l’adoption de meilleures pratiques au bénéfice de la santé de la population. Il regroupe quelque 4 500 membres. Ses activités sont assurées par des médecins de famille bénévoles et engagés envers la profession et la collectivité. Le CQMF est l’aile québécoise du Collège des médecins de famille du Canada (CMFC), l’organisme professionnel responsable d’établir les normes et de procéder à l’agrément des programmes de formation postdoctorale en médecine de famille dans les 17 facultés de médecine du pays.

Source : Collège québécois des médecins de famille (CQMF)

Pour information : Linda Lévesque, responsable des communications, 450 973-2228; cellulaire : 514 242-8909; llevesque@cqmf.qc.ca

La dernière année de pandémie a marqué une période de transition pour plusieurs, c’est pourquoi le CQMF et son programme de mentorat se sont adaptés aux nombreux besoins émergents. Soyez mentoré-e ou mentor-e, selon la formule qui conviendra le mieux à vos attentes.

NOUVEAUTÉ 2020

Expérimentez le mentorat Web (JUMO) dans une zone virtuelle réservée pour vous!
Vous êtes au doctorat, en résidence ou médecin en exercice, le CQMF met à votre disposition une application de mentorat pour vous soutenir dans votre cheminement personnel et professionnel. Futurs mentorés-ées et mentors-res inscrivez-vous!

Lire le blogue d’Élo publié sur notre mentorat Web JUMO

6 ANS DÉJÀ

Cumulez 40 crédits de formation continue grâce au programme de mentorat (PdM) du CQMF!

Les inscriptions pour la 6e cohorte sont ouvertes à tous nos médecins de famille, peu importe le nombre d’années de pratique. Fort de l’expérience acquise depuis sa lancée il y a 5 ans, le PdM vous offre un soutien structuré, mentoré-e et mentor-e, pour votre développement personnel et professionnel.

CHOISISSEZ votre mode d’accompagnement. Les places sont limitées!

Je choisis!

Votre CQMF, votre mentorat sur mesure!
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Mentorat Web (JUMO) : c’est la possibilité de faire partie du réseau virtuel privé de mentorat du CQMF. Vous engagez des échanges avec des mentors de votre choix, les sujets discutés et la durée de votre engagement sont à votre discrétion. Le tout est facilement accessible via une application téléchargeable sur votre téléphone intelligent.

Programme de mentorat (PdM) : c’est la possibilité de vous inscrire à la 6e cohorte de dyades du CQMF, de bénéficier de l’accompagnement d’une mentore ou d’un mentor de votre choix pendant 12 mois et de recevoir jusqu’à 40 crédits Mainpro+.

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Je suis membre parce que ...

 Je reçois le soutien nécessaire pour devenir un meilleur médecin, jour après jour 

Marie-Claude Moore, M.D., CCMF

 Les membres de cette grande famille me ressourcent et m’inspirent! 

Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF

 Le CQMF me permet de développer un soutien concret aux jeunes médecins du Québec 

Dominique Deschênes, M.D., CCMF, FCMF

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