• Les récipiendaires apparaitront dans l'ordre basé sur ce champ

  • Titre du membre

Missing content: 'undefined' particle cannot be found.
Communiqué de presse diffusé à la suite du dépôt du projet de loi 11

Entrevue avec la Dre Caroline Laberge, présidente du CQMF

Votre CQMF fait entendre sa voix au chapitre

La Cité-de-la-Santé à Laval est le premier hôpital francophone au Canada à recevoir la certification «Hôpital Choisir avec soin» octroyée aux établissements qui réduisent la surutilisation des examens et des traitements chez les patients.

Publié le 26 octobre 2021

Par Mathieu Ste-Marie ‒ ProfessionSanté ‒ L’actualité médicale

Une trentaine d’hôpitaux anglophones, dont trois au Québec, ont déjà reçu la désignation «Hôpital Choisir avec soin» au pays, mais c’est une première pour un hôpital francophone. C’est la Dre Stéphanie Castonguay, microbiologiste-infectiologue et présidente du comité d’optimisation et de pertinence du CISSS de Laval, qui a présenté le dossier à Choisir avec soin Canada.

Il existe trois niveaux de certification (voir encadré plus bas); l’hôpital de la Cité-de-la-Santé a obtenu celle de niveau 1. Pour pouvoir y prétendre, les professionnels de la santé de l’établissement ont dû adopter cinq mesures:

– séparer les analyses pour PT/INR et aPTT à l’urgence et aux unités d’hospitalisation;

– Retirer le dosage de l’acide folique des ordonnances hospitalières systématiques et autres ordonnances collectives;

– Cesser de prescrire des radiographies pulmonaires quotidiennes à l’unité de soins intensifs sauf pour répondre à des questions cliniques spécifiques;

– Éviter le dépistage de masse du déficit de la 25-hydroxyvitamine D;

– Ne pas demander de sédimentation pour dépister l’inflammation chez les patients qui n’ont pas de diagnostic;

«Nous sommes très fiers d’être les premiers francophones à recevoir cette désignation, d’autant plus que Choisir avec soins est moins connu au Québec», a réagi la Dre Castonguay.

Caroline Laberge

Caroline Laberge, présidente du Collège québécois des médecins de famille

En effet, très connue en Ontario et dans d’autres provinces canadiennes, cette campagne qui s’attaque aux examens et aux traitements inutiles est loin d’avoir la même visibilité au Québec. D’abord soutenu par l’Association médicale du Québec (AMQ), Choisir avec soin aurait bien pu disparaître avec la dissolution de l’AMQ, en 2019. Heureusement, au printemps 2020, le Collège québécois des médecins de famille a récupéré cette campagne, version francophone de Choosing Wisely Canada

La présidente du CQMF, la Dre Caroline Laberge, se réjouit de voir que la certification de l’hôpital donnera une nouvelle visibilité à cette initiative. «Je suis très heureuse que l’on commence à parler de pertinence des soins. On estime qu’il y a de 30 à 40 % des actes médicaux effectués qui sont non pertinents et potentiellement nuisibles», souligne la médecin de famille.

La Dre Laberge donne l’exemple de la prescription d’antibiotiques pour une infection virale qui, en plus de coûter de l’argent, est nuisible puisqu’elle occasionne une résistance aux antibiotiques et élimine les bonnes bactéries du corps humain.

Un engouement pour la pertinence des soins

Selon la Dre Stéphanie Castonguay, cette certification viendra plus particulièrement sensibiliser les médecins de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé à la surprescription et au surdiagnostic.

«Nous voulons que notre hôpital ait une culture de la pertinence des soins et que celle-ci fasse partie du quotidien des prescripteurs. Plus on va en parler, plus les médecins vont être sensibilisés à la pertinence. Chaque prescripteur peut faire la différence en se demandant toujours s’il prescrit le bon examen, pour le bon patient au bon moment.»

Le Dr René Wittmer, président du comité directeur de Choisir avec soin Québec, abonde dans le même sens.

«Cette certification peut créer un engouement pour que les gens puissent se rassembler et collaborer à l’amélioration de la qualité des soins. Les gens qui s’intéressent à la pertinence voient comment cela peut jouer un rôle dans la qualité des soins», souligne-t-il.

Selon lui, des hôpitaux francophones, dont l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, sont en processus pour obtenir une désignation de Choisir avec soin.

Au Québec, le Centre universitaire de santé McGill, l’Hôpital général juif de Montréal et le Centre hospitalier de St.Mary ont la certification niveau 1. 

Comment remplir les critères de certification d’Hôpital Choisir avec soin?

NIVEAU 1

Appliquer cinq gains rapides:

  • Séparer les analyses pour PT/RIN et pour aPTT et revoir les batteries de tests demandées d’emblée aux urgences
  • Éliminer l’option «tous les jours» des ordonnances standardisées
  • Retirer le dosage du folate des ordonnances hospitalières systématiques
  • Cesser de prescrire des radiographies pulmonaires quotidiennes à l’USI, sauf pour répondre à des questions cliniques spécifiques
  • *Note : Si ces mesures ne concernent pas un hôpital, il doit les remplacer par d’autres.

NIVEAU 2

Appliquer trois autres recommandations de Choisir avec soin par le biais des méthodes d’amélioration de la qualité:

  • Les méthodes d’amélioration de la qualité doivent inclure une collecte de données de référence, les interventions en tant que telles et une collecte des résultats
  • Les projets doivent prévoir l’utilisation des trousses à outils Choisir avec soin

NIVEAU 3

L’établissement doit promouvoir la question de la surutilisation à l’échelle de l’organisation ainsi qu’un changement de culture:

  • Choisir avec soin fait partie du plan d’exploitation et du plan stratégique de l’hôpital
  • Appliquer au moins 10 recommandations Choisir avec soin distinctes dans différents services hospitaliers
  • Les recommandations des niveaux 1 et 2 peuvent être comptabilisées dans ces 10 recommandations
  • Jouer le rôle de mentor ou de collaborateur pour au moins un autre hôpital qui souhaite appliquer les mesures de Choisir avec soin

12 octobre 2021  Profession Santé ‒ L’actualité médicale

Par la présidente du CQMF, Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF

Caroline Laberge, présidente du CQMF

Les manchettes des dernières semaines sont alimentées par la grave pénurie de main-d’œuvre infirmière dans le réseau de la santé. Cela illustre à quel point le travail interprofessionnel est un incontournable tant à l’hôpital qu’en GMF-U. Nos collègues infirmières et infirmiers ont une expertise irremplaçable dans des domaines de pointe comme les soins intensifs, l’unité néonatale, l’obstétrique, la cancérologie, la gériatrie, la pédiatrie, et j’en passe.

Comment expliquer ce manque de personnel infirmier dans le réseau, ou son exode vers les agences privées? D’abord, le concept du temps supplémentaire et surtout du fameux TSO ‒ le temps supplémentaire obligatoire ‒ est décrié depuis des années. Comment concilier travail-famille et vie personnelle, quand on peut à tout moment être «pris en otage» par son employeur? La seule façon trouvée par plusieurs infirmières pour contrôler un peu leur horaire est de travailler à temps partiel et de le combler, lorsqu’elles sont disponibles, avec des heures supplémentaires, plutôt que d’avoir un horaire complet auquel s’ajoutent les heures supplémentaires.

Des conditions de travail difficiles

Pour les infirmières avec qui j’ai parlé, ce n’est pas une prime pour revenir à temps plein qui va changer leur manière de faire, si rien n’est modifié dans les conditions de travail. Le manque de reconnaissance témoigné par le salaire global et les conditions de travail est décrié depuis des années, mais ça semble surtout se jouer dans un combat musclé entre les syndicats et le gouvernement. On assiste depuis un moment déjà à une «optimisation» ‒ ajout du nombre de patients par infirmière/infirmier (le fameux «quota») ‒, une explosion de la paperasse, un nombre croissant d’éléments à monitorer, valider, inscrire au dossier, et le tout, sans retirer aucune tâche! On assiste aussi à l’ajout de personnel dédié à des projets spéciaux sans pour autant fournir des bras supplémentaires sur le plancher pour effectuer le travail quotidien.

Des pistes de solution

La reconnaissance du rôle crucial des infirmières et infirmiers et la planification pérenne des effectifs sont du ressort des établissements et du ministère de la Santé et des Services sociaux. Nous ne sommes pas dans une crise ponctuelle, mais bien dans un problème de longue date et qui se trouve amplifié par la COVID-19. Il faudra donc plus qu’une mesure temporaire pour régler le problème. Les infirmières et infirmiers ne sont pas des pions ou des robots d’une chaîne de montage: il est primordial de favoriser une gestion décentralisée et humaine des effectifs. Récemment, l’implication des infirmières dans les discussions avec leurs gestionnaires au sein du CHU de Québec a donné lieu à plusieurs solutions originales porteuses d’espoir.

Enfin, l’apport de tous les professionnels impliqués dans les soins aux patients, c’est-à-dire les préposées aux bénéficiaires, les infirmières auxiliaires, les pharmaciens, les physiothérapeutes, et autres intervenants, et les médecins, doit être concerté pour que chacun exploite au maximum ses capacités et s’entraide. Je suis curieuse de voir l’apport des ambulanciers à l’urgence, mais il faut évidemment éviter de déshabiller Paul pour habiller Pierre!

Une autre piste de solution réside dans la perspective de Choisir avec soin, ou dans une utilisation judicieuse des ressources incluant les ressources humaines… Pouvons-nous repenser l’ensemble des services de notre système de santé? Rêver d’un monde où les citoyens jouent un rôle actif dans le maintien de leur santé et la prévention de la maladie? Où le système de santé évite de médicaliser les étapes de la vie comme l’accouchement normal ou le vieillissement?

Au plaisir de lire vos commentaires…

Je suis membre parce que ...

 Je reçois le soutien nécessaire pour devenir un meilleur médecin, jour après jour 

Marie-Claude Moore, M.D., CCMF

 Les membres de cette grande famille me ressourcent et m’inspirent! 

Caroline Laberge, M.D., CCMF, FCMF

 Le CQMF me permet de développer un soutien concret aux jeunes médecins du Québec 

Dominique Deschênes, M.D., CCMF, FCMF

J'adhère