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PHOTO EMILY BERL, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES
Une analyse de la facturation des médecins menée par le comité des effectifs médicaux en milieux de vie au ministère de la Santé a permis de voir que seulement 3 % des heures travaillées par les médecins en CHSLD durant les deux premières vagues avaient été faites en télémédecine.

Même si une consigne incitant les médecins de CHSLD à faire de la télémédecine a été formulée en début de pandémie, la majorité sont allés sur place pour soigner des patients, selon la Dre Élise Boulanger, co-présidente de la Communauté de pratique des médecins en CHSLD.

Publié le 8 novembre 2021

ARIANE LACOURSIÈRE ‒ LA PRESSE

La Dre Boulanger témoignait lundi matin à l’enquête publique du coroner sur les décès en CHSLD lors de la première vague de COVID-19. Ayant elle-même travaillé dans trois CHSLD durant la première vague, la Dre Boulanger a tenu à dire qu’elle n’était pas la seule médecin à être allée sur place soigner des patients.

La Dre Boulanger a mentionné qu’une analyse de la facturation des médecins menée par le comité des effectifs médicaux en milieux de vie au ministère de la Santé a permis de voir que seulement 3 % des heures travaillées par les médecins en CHSLD durant les deux premières vagues avaient été faites en télémédecine.

La Dre Boulanger répondait à la coroner Géhane Kamel, qui se demandait pourquoi la Dre Boulanger était allée travailler en CHSLD alors que certains de ses collègues ont plutôt opté pour la télémédecine, comme le recommandait la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) en début de crise. Au CHSLD Herron, notamment, deux des trois médecins du CHSLD ont cessé d’aller sur place dès la mi-mars, alors que la troisième a cessé d’y aller à partir du 29 mars, et ce, même si l’établissement était en crise.

La Dre Boulanger a expliqué que la directive émise a rapidement été ignorée par plusieurs médecins de famille. « Je suis allée dans trois centres. Des histoires comme la mienne n’est pas unique. […] Les médecins allaient sur le terrain », dit-elle.

Plus d’infirmières auxiliaires, moins de décès

La forte présence d’infirmières auxiliaires, le dépistage étendu des résidants et l’administration de thromboprophylaxie permettent de diminuer les taux de décès dans les CHSLD, révèle une étude menée par la Dre Sophie Zhang, co-présidente de la Communauté de pratique des médecins en CHSLD.

La Dre Zhang a analysé les 456 décès liés à la COVID-19 survenus lors de la première vague de COVID-19 dans les 17 CHSLD du CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. Sur les 2600 résidants des CHSLD de ce CIUSSS, 1200 ont contracté la COVID-19 entre février et juillet 2020. Le nombre de décès dans ces CHSLD a été plus de deux fois plus élevé que durant la même période des quatre années précédentes. « Ça nous donne l’ampleur de l’impact morbide de la pandémie », a expliqué la Dre Zhang, qui a analysé ces données dans le cadre de sa thèse de maîtrise.

Son analyse démontre que le dépistage massif des résidants a permis de diminuer de 12 fois l’incidence de la COVID-19 dans les CHSLD. Au Québec, seuls les résidants symptomatiques étaient testés en début de crise. Le dépistage systématique n’a été autorisé que le 23 avril. « Dépister semble vraiment aider au niveau de la prévention des éclosions en CHSLD », note la Dre Zhang.

Le manque d’infirmières auxiliaires joue aussi un rôle majeur, selon l’analyse. La Dre Zhang a calculé que les CHSLD où il y avait des pénuries de 25 % ou plus d’infirmières auxiliaires présentaient trois fois plus de cas.

Les CHSLD qui ont administré de la thromboprophylaxie à leurs résidants ont pu réduire de moitié leurs décès. Il s’agit d’un médicament (souvent l’héparine), administré pour prévenir les thromboses, une conséquence souvent mortelle de la COVID-19. La Dre Zhang a mentionné que l’impact de l’administration d’autres traitements, comme de l’oxygène ou des solutés, a aussi été analysé, mais n’a pas démontré de différence significative sur les taux de décès.

La Dre Boulanger a ajouté que la pratique médicale en CHSLD est « peu valorisée » au Québec et que ces milieux sont « sous financés » depuis des années, alors que la clientèle s’alourdit. Elle a exposé la « déconnexion entre les instances décisionnelles et le terrain » lors de la première vague et parlé du fait que plusieurs directives émises « étaient non adaptées aux CHSLD ».

La ministre Blais exemptée

En congé de maladie depuis la fin du mois d’octobre pour une durée indéterminée, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, ne sera finalement pas appelée à témoigner à l’enquête publique du coroner qui se penche sur les décès survenus en CHSDL durant la première vague de COVID-19.

Mme Blais devait comparaître la semaine prochaine devant la coroner Géhane Kamel. Lundi matin, celle-ci a dit avoir accepté de ne pas entendre la ministre Blais. L’ex-ministre de la Santé, Danielle McCann et l’ex-sous-ministre à la santé, Yvan Gendron, seront plutôt appelés à témoigner.

Pour le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, il « faut respecter » le fait que Mme Blais soit en congé de maladie. « Je pense qu’en 2021, les Québécois, les Québécoises ont compris que les politiciens ne sont pas des super-héros, qu’ils ont une santé dont ils doivent prendre soin. Et, bien sûr, si c’est possible d’obtenir son témoignage dans quelques semaines, dans quelques mois, je pense que ce serait souhaitable, mais en 2021, on ne sort pas quelqu’un d’un congé de maladie, même si c’est très important », dit-il.

29 avril 2021

par les Dres Élise Boulanger et Sophie Zhang, médecins de famille, coprésidentes de la CPMC ProfessionSanté ‒ L’actualité médicale

Il y a un peu plus d’un an, la pandémie de COVID-19 frappait de plein fouet les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) du Québec. Rien n’avait préparé ces milieux de vie à faire face à un virus ayant une prédilection particulière pour les patients vulnérables. Les travailleuses et travailleurs de la santé qui œuvrent auprès de cette population, incluant les médecins de famille et médecins spécialistes venus prêter main-forte, se sont trouvés isolés face à une nouvelle maladie. Ils et elles ont dû se retrousser les manches plus que jamais pour faire face aux drames qui ont suivi.

C’est dans la foulée de cette première vague de COVID-19, à l’été 2020, qu’est née la communauté de pratique des médecins en CHSLD du Québec (CPMC) au sein du Collège québécois des médecins de famille (CQMF). La crise sanitaire majeure causée par la pandémie avait mis à découvert les besoins criants d’échange, de partage et de renforcement des liens entre médecins œuvrant en CHSLD. Ces besoins n’étaient pas nouveaux, mais ils étaient devenus impossibles à ignorer. Ainsi, à la suite des événements du printemps 2020, des médecins de famille et des gériatres ayant été très impliqués dans la crise se sont retrouvés et ensemble ont cherché des solutions pour améliorer la qualité des soins offerts en CHSLD. Unis par leur engagement sur le terrain ainsi qu’à différents niveaux de gestion, ces médecins ont voulu donner une voix plus forte aux CHSLD, jusque-là peu représentés dans les instances administratives, professionnelles et gouvernementales au Québec. À ce jour, plus de 450 médecins ont joint les rangs de la CPMC.

Objectifs de la communauté de pratique

L’objectif premier de cette communauté est de renforcer les liens entre médecins, infirmiers et infirmières praticien(ne)s spécialisé(e)s de première ligne (IPS-PL) de toutes les régions du Québec afin d’améliorer l’offre de services médicaux en CHSLD – un forum Teams a été lancé pour leur permettre d’échanger virtuellement sur les enjeux cliniques et de coordination qu’ils vivent au quotidien en CHSLD et plusieurs webinaires ont été organisés.

La pandémie a mis en lumière plus que jamais le fait que les milieux de vie que sont les CHSLD sont également des milieux de soins. Ils hébergent une clientèle vulnérable avec des besoins de santé particuliers qui s’arriment généralement mal avec le système hospitalier. Il est primordial que les médecins de famille qui pratiquent en CHSLD poursuivent leur collaboration grandissante avec les équipes de soins et leurs structures de gestion afin d’en faire des milieux répondant aux vrais besoins des résidentes et résidents. À cet égard, la CPMC se veut d’ailleurs aussi un organe pour écouter, conseiller et soutenir la voix des résidentes et résidents, des personnes proches aidantes et du personnel interdisciplinaire en CHSLD.

Dessiner l’avenir

Après la pandémie, la CPMC veut continuer d’outiller ses membres dans leur pratique, au-delà des enjeux créés par la COVID-19. Elle travaille depuis peu avec le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec à l’élaboration d’un cadre de référence pour les soins médicaux en CHSLD. Elle souhaite également augmenter son offre de service aux membres médecins et IPS-PL en plus de susciter des initiatives pour valoriser la pratique en soins de longue durée auprès des médecins de famille.

Nous ne pouvons pas réécrire l’histoire des CHSLD au moment de la première vague de COVID-19 au Québec, mais nous pouvons contribuer à en écrire les prochains chapitres!

Solidarité et partage pour affronter la deuxième vague

Montréal, 2 novembre 2020 – « Nous lançons officiellement aujourd’hui la Communauté de pratique des médecins en CHSLD (CPMC) », annoncent les Dres Sophie Zhang et Élise Boulanger, coprésidentes du comité directeur de la CPMC. La communauté de pratique des médecins en centre d’hébergement et de soins de longue durée offre un lieu de communication entre médecins, de partage de ressources et de diffusion des meilleures pratiques en lien avec la COVID-19 dans les milieux de soins de longue durée.

« La deuxième vague est amorcée. La CPMC vise à mettre en lien des médecins de régions moins touchées par la COVID-19 avec d’autres médecins plus expérimentés. Il faut partager les leçons apprises ce printemps pour que tout le monde soit mieux outillé face à ce qui s’en vient », souligne la Dre Sophie Zhang.

Partager, soutenir et diffuser les meilleures pratiques

Mis en ligne depuis peu, le site Internet de la CPMC (www.cpmchsld.ca) a connu un trafic significatif. Jusqu’à maintenant, plus de 300 médecins de diverses régions du Québec sont devenus membres de la communauté. Le 16 octobre dernier, c’est plus d’une centaine d’entre eux qui participaient à un premier webinaire organisé par la CPMC intitulé Leçons de la pandémie, pour naviguer vers l’avenir des services et des soins aux personnes âgées, présenté par le Dr Quoc Dinh Nguyen, gériatre-interniste, auparavant à la tête du groupe d’experts des milieux de vie pour aînés et membre fondateur de la CPMC.

« Il faut revaloriser le travail en CHSLD, promouvoir la qualité des soins aux personnes âgées et garantir l’équité des ressources dans le système de santé. Avoir la possibilité de réseauter et d’échanger entre médecins est un pas dans la bonne direction », poursuit la Dre Élise Boulanger.

Pour améliorer les soins et les services en centre d’hébergement

La CPMC a été créée dans la foulée de la pandémie de COVID-19 au Québec. Cette crise sanitaire majeure a mis en lumière les besoins d’échange et de renforcement des liens entre médecins des CHSLD. L’idée de sa création est née des nombreux échanges entre des médecins de famille et des gériatres très impliqués pendant la première vague. Unis par leur engagement sur le terrain ainsi qu’à différents niveaux de gestion, les membres fondateurs ont voulu donner une voix plus forte aux CHSLD, jusque-là peu représentés dans les instances administratives, professionnelles et gouvernementales.

En septembre 2020, la CPMC a intégré les rangs du Collège québécois des médecins de famille (CQMF). Bien que la COVID-19 sera l’enjeu de l’année en cours, le comité directeur de la CPMC a l’intention de poursuivre ses activités bien au-delà de la pandémie, pour couvrir d’autres thématiques en lien avec les soins de longue durée.

Source : Communauté de pratique des médecins en CHSLD (CPMC)

Pour information : Dre Sophie Zhang, coprésidente, sophie.zhang.ccsmtl@ssss.gouv.qc.ca et Dre Élise Boulanger, coprésidente, elise.boulanger.med@ssss.gouv.qc.ca; Linda Lévesque, responsable des communications, CQMF, llevesque@cqmf.qc.ca, 514 242-8909.

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